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Post des Editions du Cygne sur les sites de vente en ligne (Amazon, etc.)

Ayant reçu récemment une réaction un peu virulente de la part d’un de nos auteurs constatant que son livre publié aux éditions du Cygne en 2007 était mentionné « en rupture de stock » ou « indisponible » sur des sites de vente en ligne comme AMAZON ou CHAPITRE.COM, nous nous sentons dans l’obligation de réagir et de détailler notre position sur ces sites de ventes en ligne, plus particulièrement sur AMAZON que nous connaissons mieux et avec lesquels nous avons déjà eu des « échanges commerciaux ». Cette prise de position de notre part s’adresse tant à nos auteurs qu’à nos clients qui ne maîtriseraient pas (et on les comprend !) toutes les subtilités de l’économie du livre.

Il faut tout d’abord savoir qu’AMAZON reprend d’autorité sur son site, sans accord ni lien avec l’éditeur, toutes les références des ouvrages publiés provenant d’une autre base de données inter-professionnelle. L’éditeur indépendant que nous sommes n’aurait pas en s’en plaindre si ce n’est qu’il se voit mettre le doigt dans un engrenage dangereux.

En effet, AMAZON pénalise sciemment tous les fournisseurs-éditeurs en indiquant sur les fiches-articles de ces éditeurs « produit indisponible » ou bien « produit en rupture de stock ». Cette formule rédigée de façon malsaine induit le fait que l’ouvrage serait épuisé et donc indisponible ce qui est bien sûr totalement FAUX. La plupart du temps, ces articles restent d’ailleurs malgré tout commandables via AMAZON ou autre mais AMAZON pénalise l’éditeur (et le client) en imposant des délais de livraison anormalement longs. Il ne nous gênerait nullement que ces sites de vente en ligne aient l’honnêteté d’indiquer « Produit indisponible sur notre site car l’éditeur n’a pas accepté nos conditions commerciales ».

Justement, ces conditions commerciales, quelles sont-elles ? Eh bien pour que l’ouvrage soit commandable sur AMAZON et livré en un temps record, il faut que l’éditeur indépendant souscrive à ce que AMAZON appelle le « programme AVANTAGE ». Avantage pour qui ? Pour AMAZON bien sûr. Alors comment ça marche ? L’éditeur doit payer à AMAZON 49,99 € par an (pas 50 merci !) pour avoir le droit d’envoyer à ses frais des exemplaires à AMAZON qui ne les paiera qu’après la vente en bénéficiant d’une remise de 50 % (alors que la remise habituelle pour un libraire ayant pignon sur rue varie entre 26 et 42 % !). On ne retrouve ces conditions commerciales nulle part ailleurs !

Un confrère résume parfaitement la situation ici

Par ailleurs, AMAZON ne fait rien à part envoyer au client l’article commandé (et en stock chez eux aux frais de l’éditeur) et empocher une belle marge. AMAZON ne prend même pas la peine d’envoyer les ventes à facturer aux éditeurs, il appartient à l’éditeur de se connecter sur son interface chaque début de mois pour avoir le détail des ventes et le montant à facturer.

Ensuite, il faut savoir qu’une présence bien référencée sur AMAZON ne « booste » en rien les ventes d’un article comme le décrit bien le magazine « Livres Hebdo », référence de la profession : lire ici

Nous reprenons à notre compte le témoignage d’un « petit auteur » qui reconnaît sur le site « thebookedition.com » que «  si ma modeste expérience dans ce domaine peut vous être utile, je ne pense pas qu'avoir ses livres sur Amazon vous apporte beaucoup de lecteurs. Ce site n'est pas un site-vitrine. On y va pour commander un ouvrage précis dont on a besoin ou dont on a déjà auparavant entendu parler dans la presse ou ailleurs. »

Cette situation, qui n’est que du bidouillage interne entre professionnels, prêterait à rire si elle ne menait parfois, comme nous l’avons vécu, à une détérioration des rapports de confiance et de cordialité entre l’éditeur indépendant et son auteur. La mention « rupture de stock » que les sites de vente en ligne indiquent sur les articles des éditeurs qui ne veulent pas se soumettre à leur jeu a conduit un de nos auteurs (1 sur 175 mais c’est déjà trop) à douter que son livre soit toujours en vente (ou bien que nous ayons déjà vendu tout le tirage sans l’en informer). Nous rappelons ici que les éditions du Cygne s’engagent, sauf accord contraire avec l’auteur, à TOUJOURS maintenir les ouvrages disponibles à la vente. Nous réimprimons couramment tous nos ouvrages avant que le tirage ne soit épuisé ; nos principaux imprimeurs, CPI Firmin-Didot et DUPLIPRINT, pourront en témoigner.

Mais le plus grave est probablement la place et la légitimité prises par les sites de vente en ligne auprès des auteurs et des clients. Parfois même les plus progressistes ou les plus « à gauche » d’entre eux accordent inexplicablement plus volontiers leur confiance à un « géant capitalistique à l’américaine » plutôt qu’à leur éditeur indépendant. Nous citerons notre confrère des éditions du Polar qui remarque qu’ « il est étrange que d'aucuns, voyant sur notre site le livre qu'ils désirent acheter, émigrent sur une autre boutique pour le commander. Comme si l'existence de l'ouvrage ne pouvait être réelle qu'en passant par Amazon et autres. Un réflexe qui existe réellement et qui nous plonge dans des abysses de stupeur. »

Enfin, nous évoquerons brièvement le conflit entre AMAZON et le Syndicat Français de la Librairie à lire ici.  Il n’est pas étonnant dans cette situation qu’AMAZON puisse ne pas facturer les frais de port à sa clientèle puisque c’est l’éditeur indépendant qui prend tout en charge (alors que ce n’est pas le cas avec la librairie traditionnelle qui, elle aussi, tente de survivre à travers ces pressions inacceptables).

Pour conclure, nous insistons sur le fait que nous publions cet article sans haine, sans misérabilisme et sans revendication. Il y a de la place pour tout le monde mais nous tenions à préciser que les géants de la vente en ligne ne constituent pas, et heureusement, l’alpha et l’oméga de la diffusion culturelle. Nous tenons aussi à souligner que le site de vente en ligne de la FNAC ne nous a jamais causé le moindre problème et ne nous a jamais imposé de conditions inacceptables et pénalisantes.